L'arbre à palabres

Songeuse ou pas d'accord ?


Trouver sa place, sa parole dans l'arbre à palabre ,c'est trouver ou retrouver sa place, sa parole dans le monde. Le groupe ne guérit pas, c'est le sujet qui s'y guérit... Le plus souvent sans le viser, simplement en vivant et partageant avec nous les difficultés de la vie.


L'arbre à palabre est le vrai produit de la rencontre de la psychiatrie occidentale avec la vie sociale traditionnelle d’Afrique de l’Ouest. Lorsqu’il vint à Dakar pour créer la psychiatrie, le Prof. Collomb découvrit que si la folie n’est pas la même qu'en Occident, les manières de la traiter sont aussi particulières. Il s'agit toujours moins de faire disparaître un symptôme que de ramener à la communauté celui qui s'en est exclu. Toujours réintroduire dans la relation celui qui fait défaut à ses proches. 


Soigner ce qui fait signe d'asocialité se fait ici toujours parmi et avec la présence du groupe social, parmi et avec la collaboration du groupe et des familles. Chaque malade est doté, le temps nécessaire d'un accompagnant dédié. 


L'arbre à palabre du mercredi n'a rien des réunions de synthèses des établissements médico-sociaux, où le personnel se réuni pour parler des malades en dehors de leur présence. Chez nous, il n'est pas pensable de parler des accueillis en dehors de leur présence, sans eux et leur participation.  


L’arbre à palabre réunit chaque semaine autour de chaque accueilli l’ensemble de ceux qui partagent sa vie, sa scolarité, ses loisirs : accompagnants, enseignants, médecins, psychiatre, psychologue… sous cet arbre, "on" parle de la vie comme de la maladie, on y décide les choses importantes, on y reçoit aussi tous les vraies paroles du sujet sur les pourquoi est comment de sa situation, sur la vérité qui l’a conduit vers nous de manière malencontreuse, sur les trouvailles et réaménagements qu’il peut en faire pour que la vie devienne à nouveau vivable pour lui et ses proches, pour que les apprentissages créatifs deviennent à nouveau possible pour lui dans le monde.